Dossier exclusif : une croisière fluviale en temps de pandémie : comment ça se passe?

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Zoom sur les beautés architecturales au quartier du Château de Budapest, Hongrie

La Bulgarie a soudainement exigé un dépistage aux personnes qui proviennent de la Roumanie, la Serbie fait monter ses infirmières à bord aux aurores pour tester les Canadiens mais pas les Français ni les Belges, l’Autriche a revu à la hausse deux fois ses tarifs pour le test PCR obligatoire, Vienne et Munich exigent le masque FFP2 et non N95… Bienvenue dans l’ère du tourisme Covid!

Rassurez-vous : cela parait pire que ce ne l’est en réalité. Oui oui, c’est bien vrai! Pourquoi? Parce qu’on est à bord d’un bateau de taille modeste, avec seulement 95 passagers, et que Tours Chanteclerc et le personnel de Rivages du Monde, qui affrète le bateau, s’occupent de TOUT! Tout ce que les passagers sont tenus de faire, c’est d’allonger quelques billets… et la narine droite.

Récapitulons.

Open Jaw Québec est actuellement à bord du M/S Amadeus Elegant et teste la croisière fluviale intitulée « Beautés du Danube », un produit concocté par l’agence française Rivages du Monde et Tours Chanteclerc et vendu au marché du Québec par le tour opérateur québécois.

Nous quittons Budapest en soirée…

Comme la pandémie risque de nous titiller encore pour un bon moment, il est impensable de ne pas aborder le sujet du voyage en temps de pandémie, et ici dans le cadre d’une croisière fluviale en Europe Centrale et de l’Est.

Des changements de dernière minute

On le répète de plus en plus : voyager en temps de pandémie, c’est être prêt à faire face à des imprévus, au changement qui peut survenir à quelques heures d’avis, à des modifications d’horaire ou encore de procédure.

Un coeur d’hommes de musique liturgique orthodoxe nous attendait à l’église des Archanges Michel et Gabriel du village d’Arbanassi, Bulgarie

C’est ce qui est arrivé 72 heures avant le décollage de Montréal : voyageurs et agents de voyage qui allaient prendre leur vol KLM de Dorval et à destination d’Amsterdam puis de Bucarest, en Roumanie, lundi dernier 18 octobre pour participer à cette croisière fluviale, ont été avisés par l’équipe de Tours Chanteclerc que la Bulgarie – ce deuxième pays de l’itinéraire de la croisière – exigeait subitement que tous les voyageurs provenant de la Roumanie (premier pays de l’itinéraire) passent un test PCR à leurs frais en raison d’une montée de cas d’infection dans le pays bulgare.

La bonne nouvelle….

La bonne nouvelle, c’est que Rivages du Monde et Tours Chanteclerc ont pris les choses en main et ont proposé trois options de solution : soit on fait le test avant de quitter Montréal (qui allait respecter les 72 heures de délai maximal), soit on fait le test en arrivant à Bucarest (pour obtenir le résultat du test à temps), soit on ne subit pas de tester… mais on doit rester à bord du navire durant les escales prévues en Bulgarie.

Basilique orthodoxe de Belgrade

La troisième option n’était pas du tout sexy et c’est la deuxième option qui a retenu la plus grande attention du groupe. Et tout a été organisé par les organisateurs hôtes, à destination. Nous nous sommes prêtés au test de dépistage Covid dans un hôtel de Bucarest et avons payé les frais non pas de 100 euros, comme on nous l’avait annoncé, mais plutôt de 55 euros.

Un souci d’obtenir le résultat? Par courriel ou par texto? En code QR ou code morse? Pas de tout : les résultats allaient être transmis directement au personnel de direction à bord du bateau.

Au bout du compte, tous les passagers ont débarqué à Roussé, en Bulgarie, comme prévu (tout le monde a testé négatif) et ce, en mode « ni vu ni connu » : l’obtention du résultat du test, le traitement des données et les procédures de formalité d’entrée avec les autorités de la Bulgarie ont été entièrement orchestrés et pris en charge par le personnel de bord pendant qu’on petit-déjeunait – cela explique aussi pourquoi tous les passagers étaient tenus de laisser leur passeport ou carte d’identité officielle à la réception du navire.

Sublime et paisible Danube….

Nous avons ainsi rapidement constaté que, non seulement le personnel peut aider les voyageurs avec les procédures sanitaires, mais il le fait, et de façon très proactive et dynamique.

Mesures sanitaires à bord

Sans surprise, la double vaccination était requise pour tous pour pouvoir embarquer à bord. À l’embarquement au Jour 1, la désinfection des mains fut requise sous le regard attentif du personnel, notre température corporelle a été prélevée à l’aide d’un thermomètre numérique pointé sur le front et chacun a fourni sa preuve de double vaccination.

Le port du masque est obligatoire en tout temps à bord, sauf lorsque nous sommes dans notre cabine et une fois attablés dans la salle à manger et dans le salon Panorama où se trouve le bar. Le port du masque est également obligatoire dans les autocars et lieux publics fermés, durant les excursions terrestres.

Un parc de verdure et terrasses, à Bratislava, Slovaquie

De temps en temps, quelques rebelles ou ceux pour qui l’insouciance des vacances les rattrape, se démasquent et laissent tomber les armes de protection antivirale. Et la désinfection des mains, à bord, devient au fil des jours un acte volontaire sans supervision.

« Nous ne sommes pas là pour jouer à la police », expliquera la direction du M/S Amadeus Elegant, en effectuant toutefois des petits rappels au micro de la réunion quotidienne.

Rue des artisans, Veliko Tirnovo, Bulgarie

Aussi, on nous confirme que tout le personnel du navire est double-vacciné et chaque membre d’équipage – de la réceptionniste au serveur, du commandant au maître d’hôtel – porte le masque en tout temps.

Rien n’est parfait!

Certaines procédures laissent plusieurs perplexes. Mais on n’a pas le choix : il faut se plier aux exigences du pays hôte.

Les trois situations qui ont fait sourciller les passagers, jusqu’à maintenant, sont d’abord celle où la Serbie a exigé des Canadiens un résultat négatif à un test antigénique à bord, mais pas des Français et des Belges qui voyagent pourtant avec nous dans le bateau et depuis le début de la croisière.

La seconde situation fut cette annonce à l’effet que l’Autriche a décidé de nous facturer 15 euros par personne pour l’obtention d’un résultat imprimé et 9 euros par personne pour les honoraires du médecin (en plus des 65 euros initiaux pour le test PCR lui-même).

La troisième est cette exigence, de la part de l’Autriche et de l’Allemagne, de porter un masque, non pas en tissu, non pas à trois épaisseurs, non pas N95, mais bien un masque FFP2.

Le masque PPF2

FF quoi? Le FFP2 est un masque en forme de bec de canard et qui est du même calibre que le N95. Nous ferons donc aujourd’hui un peu de magasinage à Vienne, où nous venons d’arriver…

Ce que pensent des clients à bord de la croisière fluviale Beautés du Danube…

« Mon mari et moi avons fait beaucoup de circuits terrestres dans le passé, et cette croisière fluviale est une première. Et elle répond totalement à nos attentes, raconte Amal Farah à OJQ. Si on compare cette croisière à un séjour dans un hôtel 5 étoiles dans le sud, le prix est très compétitif. »

« Je donne 15 sur 10 à Frédéric, le directeur de croisière, ajoute Georges Mesmar, l’époux de Amal. Les informations qu’il donne sont justes et il fait preuve de flexibilité à l’égard de situations qui peuvent survenir. Le personnel visite nos cabines deux et parfois trois par jour pour s’assurer que tout est bien, chapeau! »

Un couple en vacances avec nous: Amal Farah et Georges Mesmar, de Montréal

Le couple s’exprime aussi sur le programme et la façon de voyager : « Quand on participe à une croisière comme celle-ci, dans une région du monde que l’on risque peut-être de visiter qu’une seule fois dans sa vie, il ne faut pas faire des économies, soutient Georges. Il faut s’offrir et faire les excursions, il faut voir les endroits le plus possible. »

« Ce que je retiendrai toute ma vie de cette croisière, c’est le calme du fleuve, la beauté des arbres et des berges, le fjord que nous avons traversé quand nous avons longé la Roumanie. Ils sont inoubliables pour moi! » confie Amal.

Open Jaw Québec en a profité pour questionner le couple sur leur motivation de voyager en temps de pandémie.

Au quai de Vidin, Bulgarie

« Nous vieillissons tous. Les années passent et nous ne savons pas ce qui nous attend dans la vie. Alors il faut en profiter. Plusieurs beaux voyages sont dans nos rêves et nos projets. Et qui sait combien d’années encore nous aurons devant nous pour les réaliser. C’est pour ça que nous avons déjà recommencé à voyager. Et nous avons confiance aux mesures de sécurité qui sont en place » explique Amal Farah.

On en parle durant la croisière…

Les guerres, et particulièrement la guerre de Yougoslavie dans les années 1990, sont des sujets largement abordés à bord notamment durant notre visite de la ville de Vukovar, en Croatie.

Traces de la guerre à Vukovar

Notre escale dans cette ville nous a permis une intrusion discrète dans le gigantesque cimetière, qui présente un témoignage visuel à la fois magnifique et saisissant du destin de milliers de gens.

L’état des façades de certains bâtiments de Vukovar, dont on a volontairement laissé les traces de ces conflits, fut également un témoignage visuel éloquent qui a nourri les appareils photo et les discussions.

Dans le prochain billet

Dans le prochain billet depuis le Danube, nous décortiquerons croisières fluviales versus croisières maritimes, une autre conseillère nous livrera ses impressions sur ce voyage et Open Jaw Québec vous livrera ses impressions sur le produit et vous offrira un album de photos tout spécial…

Photos: Isabelle Chagnon

Notre journaliste Isabelle Chagnon est l’invitée de Tours Chanteclerc.