Les politiciens américains exhortent le Canada à abandonner les exigences de tests à l’entrée

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Le Canada a ouvert la voie en ouvrant unilatéralement sa frontière terrestre avec les États-Unis en août. Mais maintenant que les États-Unis se préparent à faire de même des mois plus tard et à rouvrir leur frontière avec le Canada à une date encore non précisée en novembre, certains politiciens américains font pression sur le Canada pour qu’il assouplisse encore plus les restrictions d’entrée.

Le problème n’est pas la vaccination. La Maison-Blanche a déjà clairement indiqué que la réouverture de sa frontière terrestre s’appliquera aux Canadiens entièrement vaccinés, tout comme le Canada permet maintenant aux Américains entièrement vaccinés d’entrer dans le pays sans quarantaine. (Bien qu’il subsiste des incertitudes au sujet des Canadiens ayant des vaccins mixtes, dont les deux pays disent qu’ils sont en train de discuter.)

Le nouveau point de discorde concerne les tests.

Tests PCR versus tests antigéniques

Pour entrer au Canada sans être tenus de se mettre en quarantaine, les arrivants – Canadiens, Américains et voyageurs internationaux – doivent présenter un test PCR négatif effectué dans les 72 heures suivant le départ. Les tests PCR sont plus difficiles d’accès, prennent plus de temps à traiter et sont considérablement plus coûteux que les tests antigéniques.

Le Canada n’accepte pas les tests antigéniques pour les arrivées à la frontière, mais à l’heure actuelle, les Américains qui retournent aux États-Unis ne doivent présenter que des tests antigéniques négatifs.

Pour illustrer ce point : j’ai participé à une croisière fluviale Avalon Waterways en France la semaine dernière avec un certain nombre d’autres médias canadiens, américains, britanniques et européens.

Les médias du Royaume-Uni et de l’UE n’avaient pas du tout besoin de tests. Avalon Waterways a organisé et couvert les coûts des tests de retour requis pour tous les Canadiens et Américains à bord.

Nous, les Canadiens, avons dû manquer une excursion matinale à terre pour être conduits à un laboratoire dans une ville située à près d’une heure de route, où un test PCR a été administré.

Les Américains n’ont eu qu’à se présenter à l’heure du cocktail une demi-heure plus tôt sur le navire en fin d’après-midi, lorsque les membres de l’équipage d’Avalon, formés pour administrer des tests antigéniques, ont rapidement et facilement effectué des tests antigéniques, avec des résultats presque instantanés.

Versus : pas de test

Maintenant, CBC rapporte que les responsables américains ont confirmé que lorsque la frontière terrestre rouvrira le mois prochain, les visiteurs entièrement vaccinées n’auront besoin d’aucun test négatif pour entrer dans le pays.

Et bien que la réouverture de la frontière terrestre n’ait même pas encore eu lieu, la question des exigences différentes de test est compliquée au point où certains politiciens américains font pression sur Ottawa pour qu’elle rende la pareille et abandonne – non seulement les exigences de test PCR gênantes et coûteuses – mais les exigences de test elles-mêmes.

Brian Higgins, législateur, membre du Congrès de New York, affirme que les tests de tout type entraveront le retour au voyage.

« Les tests sont redondants (à la preuve d’une vaccination complète) », a-t-il déclaré. « Cela rendra hésitants beaucoup de Canadiens à venir aux États-Unis […] Il y a un coût associé à cela. C’est aussi une étape administrative supplémentaire qui, à mon avis, n’est pas nécessaire. »

À quelques semaines du début de la saison des achats des Fêtes, les responsables des états frontaliers craignent que les Canadiens ne reviennent pas cette année pour faire le shopping des Fêtes s’ils doivent se dénicher, réserver et payer plus de 100 $ US par personne pour obtenir un test PCR privé pour rentrer au Canada.

Higgins ajoute que lui et d’autres membres écrivent au premier ministre du Canada et à d’autres ministres clés pour exhorter Ottawa à mettre de côté les exigences en matière de tests pour entrer ou revenir au Canada.

Or, jusqu’à présent, le Canada ne bouge pas.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a fait remarquer que les Canadiens qui effectuent des voyages d’une journée ou de courte durée aux États-Unis pourraient potentiellement se faire tester au Canada avant leur départ pour les États-Unis, car le gouvernement accepte les tests PCR négatifs qui sont effectués jusqu’à 72 heures avant qu’un voyageur ne se présente à la frontière à son retour au Canada.

Les commentaires sur l’article sur le site de la SRC étaient massivement en faveur du maintien des exigences du Canada en matière de tests. Beaucoup ont noté en particulier des doutes quant à la certification frauduleuse des vaccins présentée aux arrivées.

Lynn Elmhirst, Open Jaw